Des frigos sans gaspillage, remplis… de partage

L’Allemagne est assez avancée en matière de partage de nourriture. Et c’est souvent chez nos voisins outre-Rhin que naissent les bonnes idées antigaspi et solidaires : Disco Soupe (inspirées des Schnippel Disko), Food Sharing (on en reparlera), ou encore les frigos solidaires.

De l’Allemagne à l’Espagne, en passant par Québec

C’est donc l’Allemagne qui a débuté le mouvement. Les Lebensmittelretter ou Foodsavers (les sauveurs de nourriture) ont installé les premiers frigos solidaires en 2012. Depuis, 1700 bénévoles rien qu’à Berlin, et 8000 au total en Allemagne, veillent sur eux : soit en récupérant auprès des supermarchés des invendus ; soit en redistribuant aux centres de sans abris. Outre les bénévoles, tout le monde peut évidemment déposer de la nourriture. On peut vraiment parler de réseau. A Berlin, une vingtaine de réfrigérateurs ont été installés chez des commerçants ou en pleine rue. Et des chaînes de supermarchés sont même partenaires.

Dans les autres pays, l’initiative commence à faire parler d’elle et, petit à petit, des frigos solidaires apparaissent ici ou là. En Belgique, c’est à Schaerbeek que le premier « frigo ouvert » a fait son apparition en décembre dernier à l’initiative de l’ABSL Corvia. A Québec, l’opération s’appelle Libérez la bouffe. Lancée pour lutter contre le gaspillage alimentaire, les étudiantes responsables du projet n’ont pas souhaité stopper leur action, voyant les bienfaits solidaires de celle-ci : c’est d’abord une armoire (photo en haut de l’article – photo Libérez la bouffe) qui a recueilli boîtes de conserve, pâtes, céréales ou encore pain, et un frigo a aussi été installé. Depuis, une autre opération similaire est apparue : Légumes à partager. Trois frigos communautaires dans lesquels on partage fruits et légumes ont été inaugurés en juillet dernier à l’initiative du Comité de sécurité alimentaire du Saguenay.

Depuis avril dernier, c’est l’Association humanitaire des volontaires de Galdakao  qui a inauguré le concept en Espagne, avec l’appui des restaurateurs locaux qui y déposent eux aussi de la nourriture.

Et en France ? A Marseille, on doit l’initiative à la communauté Emmaüs de la Pointe Rouge qui, outre les vêtements et les meubles, récupère désormais les fruits et légumes et les redistribue ensuite aux plus démunis.

Solidaire et antigaspi

Le concept est simple : un frigo est installé dans un local accessible ou dans la rue. Des personnes viennent y déposer leur surplus de nourriture, et d’autres viennent la récupérer. L’hygiène est évidemment respectée : des bénévoles vérifient régulièrement que les produits qui sont déposés sont toujours bons, et des règles de fonctionnement sont mises en place. Par exemple, l’alcool, les aliments emballés ouverts ou périmés sont interdits, et les produits cuisinés à la maison doivent être étiquetés pour connaître la date de fabrication et les ingrédients. En Espagne par exemple, il est aussi interdit de déposer du poisson cru, de la viande ou des œufs.

Et à chaque fois, l’initiative remporte la même adhésion. En Espagne par exemple, après seulement un mois de test, 200 kg de nourritures ont pu être sauvés grâce au frigo. Sans oublier évidemment les nombreux bénéficiaires de tous ces dons alimentaires. Car les installations de frigos se font soit pour lutter contre le gaspillage alimentaire, soit par solidarité.

Mais, comme souvent en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, les deux vont de paire.

+++ Les petits plus +++

+ Le réseau de frigos solidaires allemandes : à lire en français ou en allemand

+ Le frigo solidaire de Marseille : à lire sur le site de France3 Provence Alpes

+ Le frigo solidaire espagnol : en espagnol ou en anglais

+ Les légumes à partager au Canada

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