En 2016, la mesure du gaspi et la senbilisation à l’ordre du jour

Comme on vous l’annonçait jeudi, le Comité national de suivi du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire s’est réuni vendredi 16 octobre, jour de la mobilisation nationale sur le sujet. Une feuille de route pour l’année à venir. Le Comité a mis plusieurs actions à son agenda, dont ces six chantiers :

  • la mise en place d’un groupe de travail afin d’examiner les évolutions réglementaires à opérer sur les dates de péremption
  • la mise à disposition d’une convention-type pour les dons des GMS aux associations caritatives
  • l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques visant à lutter contre le gaspillage alimentaire à destination des établissements hospitaliers et médico-sociaux
  • la mise en place d’un groupe de travail visant à échanger sur l’éducation à la lutte contre le gaspillage alimentaire chez les jeunes et à proposer des outils pédagogiques adaptés
  • la réalisation d’une étude par l’Ademe pour quantifier les pertes et gaspillages tout au long de la chaîne alimentaire
  • le lancement d’une campagne de sensibilisation large sur le sujet qui sera notamment diffusée via les réseaux sociaux

2016, l’année de la mesure du gaspillage ?

Parmi ces mesures on note l’étude qui sera réalisée par l’Ademe pour quantifier les pertes et gaspillages « tout au long de la chaîne alimentaire ». Enfin ! La mesure, c’est essentiel dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, ne serait-ce que pour savoir d’où on part réellement, et trouver des solutions. Pour l’instant les mesures effectuées ne concernaient que des foyers témoins. Même si les consommateurs sont réputés être les plus gros gaspilleurs, étudier toute la chaîne alimentaire, du champ à l’assiette pour mettre en lumière les sources de gaspillage est indispensable.

On note aussi le groupe de travail sur les dates, et la rédaction de la convention type. Le projet de loi prévoit en effet l’obligation pour les grandes surfaces de passer une convention avec les associations caritatives auxquelles elles vont adresser leurs dons. Et lors des débats concernant la loi de Transition énergétique (article 22 undecies), Guillaume Garot avait précisé qu’il faudrait « conduire un travail pour que toutes les associations de solidarité, dans leur diversité, et l’ensemble des grandes enseignes de la distribution puissent mettre au point, sous l’égide de l’État, une convention qui précise de façon détaillée les conditions et la qualité attendue du don alimentaire ». Il rappelait que les associations fonctionnent avec des bénévoles et que malgré toute l’énergie qu’ils y mettent, « on ne peut pas tout leur demander, en tout cas pas d’être les agents de tri de ce dont la grande distribution ne veut plus et qu’elle souhaite donner ».

Un Love Food Hate Waste à la Française ?

Egalement au menu des actions pour 2016, la campagne de sensibilisation, notamment diffusée sur les réseaux sociaux. On espère évidemment qu’elle sera aussi diffusée par d’autres canaux et surtout, que ce sera une campagne forte, qui marquera les esprits, à l’image de ce que réalise le Wrap (l’agence qui s’occupe des déchets) avec Love Food Hate Waste (Aimer la nourriture, détester le gaspillage), au Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, Irlande du Nord ont chacun leur agence nationale Wrap).

Sur le site Love Food Hate Waste on trouve une appli pour faire des économies, des idées de recettes pour prévoir les repas sur deux semaines, des astuces pour la listes de courses, un outil pour les portions, des conseils pour conserver les aliments. Un site très pratique, avec plein de conseils concrets, soutenu par une présence accrue sur les réseaux sociaux : facebook, twitter, instagram et google +. LFHW travail sur le long terme et organise régulièrement des actions sur le terrain pour sensibiliser les consommateurs, à l’image de leur action du moment : The Big Freeze, pour expliquer la congélation.

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Autrement dit, une vrai démarche, de long terme, qui cible les consommateurs, en n’oubliant jamais de rappeler que ne pas gaspiller permet aussi d’économiser de l’argent. D’ailleurs, d’autres pays s’en inspirent : Love Food Hate Waste existe également au Canada. Elle est mise en place par Metro Vancouver, qui réunit 21 villes, et prend modèle sur la campagne anglaise.

Alors pourquoi pas en France ? Pour le moment, le site du ministère de l’Agriculture consacré au gaspillage est assez confidentiel : pour le trouver il faut aller sur le site du ministère, puis dans la rubrique « alimentation » pour trouver une sous-section « anti gaspi ». On y trouve des infographies, des visuels de communication, quelques articles sur certains acteurs de l’antigaspi. Il y a aussi le site de l’Ademe. Mais pas facile de retrouver ce qui concerne le gaspillage alimentaire, à moins de faire une recherche. L’Ademe a aussi une chaine youtube ou elle met en ligne des vidéos, certaines concernant le gaspillage. Mais à moins de suivre cette chaîne youtube, la promotion de ces réalisations reste assez timide.

Que ce soit pour le ministère de l’Agriculture ou l’Ademe, le gaspillage alimentaire est noyé au milieu de plusieurs autres thématiques. C’est en ça que Love Food Hate Waste est une excellente idée : un site dédié entièrement au gaspillage. Le Wrap traite en effet les déchets dans leur ensemble, elle a donc isolé le gaspi pour être plus efficace.

Ce qui existe déjà mérite d’être amplifié, à grande échelle, avec une communication autre que les réseaux sociaux (par exemple dans la presse traditionnelle, ou pourquoi pas dans les grandes surfaces), et avec des actions concrètes sur le terrain en direction des consommateurs. Mais cela signifie aussi qu’il faut y mettre les moyens financiers et humains.

Parce que face aux habitudes bien ancrées, il faut certes, une campagne de communication, mais surtout un travail de long terme. Les exemples anglais et danois ont montré que les résultats sont là : au Danemark (grâce à la campagne lancée par Selina Jull en direction des consommateurs), les ménages jettent 25% de nourriture de moins qu’il y a cinq ans. Inspirant non ?

 

+++ Les petits plus +++

+ Le communiqué du ministère de l’Agriculture (vous jetterez un œil sur la photo : sur le stand d’intermarché et de ses légumes moches, qui n’ont pas l’air si moches que ça…)

+ La dernière mesure du gaspillage dans des foyers témoins par l’Ademe (résumé et pdf)

+ Le site Love Food Hate Waste pour le Royaume-Uni

+ Le site Love Food Hate Waste pour le Canada

+ Le mini site anti gaspi du ministère de l’Agriculture

 

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