Trop bon pour gaspiller : « Le doggy bag doit lutter contre le gaspillage, pas se substituer à la vente à emporter »

Le doggy bag commence à faire parler de lui en France. Rencontre avec Laurent Calvayrac, le créateur de Trop bon pour gaspiller, le doggy bag lancé par L’Emballage vert. 

« Une boîte 100% recyclable et intégralement compostable. » C’est le pari fait par Laurent Calvayrac pour Trop bon pour gaspiller, le doggy bag qu’il a imaginé. Il a été attiré par le concept quand il vivait au Canada. « Ce qui m’a séduit, c’est de se voir proposer directement par le restaurateur un contenant lorsqu’on n’a pas fini son assiette. La plupart du temps là-bas, vous n’avez même pas à le demander. »

De retour du Canada, il s’aperçoit que la France n’est pas la seule a être concernée par l’absence de la boîte et que « d’autres pays voisins ont eux aussi eu du mal à imposer cette pratique. Le premier pays à avoir franchi officiellement le pas est le Royaume-Uni avec une opération nommée  ‘Too Good To Waste' ».

Ne pas augmenter les déchets

Laurent est le fondateur de l’Emballage Vert (dont Trop bon pour gaspiller est un produit), une entreprise qui a pour but de « distribuer et de promouvoir des produits et services afin de réduire nos déchets, pas de les augmenter ». Il était donc naturel pour lui de créer une boîte recyclable et compostable. Comment ? Grâce au film intérieur qui la rend étanche. C’est un film cellulosique et non un film PET. De plus, la boîte n’est composée que d’un seul matériau : le bois.

Lors de sa conception, il a d’abord dû définir le volume de la boîte. Laurent souhaitait qu’elle soit aussi « rapide à refermer, les restaurateurs n’ont pas de temps à perdre, même quand il s’agit de proposer un service innovant à la clientèle ».

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Egalement, pour l’instant, il ne propose pas de doggy bag pour les bouteilles. Il ne mâche pas d’ailleurs pas ses mots avec ses concurrents : « Proposer un sac pour le vin de type ‘luxe’, c’est du grand n’importe quoi. La bouteille étant elle-même un emballage, il est inutile de proposer ce type d’emballage supplémentaire qui finit généralement à l’incinération. Un simple sac en kraft suffit et les restaurateurs n’ont pas besoin de nous pour s’en procurer. » Cependant, il avoue avoir de la demande. Alors s’il saute le pas, ce sera avec un produit « écohérent ».

Car Laurent est un « passionné d’emballages ». Il vante ses qualités : « La protection, la conservation et même l’information sur le produit qui lui est associé. Ce qui m’intéresse le plus dans mon activité, ce sont les emballages qui produisent le moins de déchets, encore plus les emballages réutilisables. »

Non à une mauvaise utilisation du doggy bag

Pour l’instant, la France découvre le doggy bag. « Les clients ont peur de passer pour des personnes sans éducation, pour des radins et ne veulent en aucun cas subir les regards, les réflexions ou les moqueries de leurs voisins de tables. Les restaurateurs, eux, ont toujours cru que leur responsabilité était engagée en offrant le doggy bag à leurs clients. Mais seul le consommateur est responsable du plat qu’il emporte. »

Très répandu aux Etats-Unis, on peut tout de même se rassurer sur le fait que les Français l’utiliseront peut-être mieux. « Bien que nous ayons tendance nous aussi à surconsommer, nous avons un comportement beaucoup plus responsable dans ce domaine que nos cousins d’Amérique. Il est aussi de notre responsabilité (distributeurs comme restaurateurs) de bien informer les consommateurs. Oui pour l’adoption de cette pratique en France, mais non à sa mauvaise utilisation : nourriture sensible ne pouvant être emportée (ex : fruits de mer), restes pas assez conséquents dans l’assiette, clients qui confondraient plats à emporter avec restes de repas. » En France on sait apprécier un bon repas au restaurant. Il est peu probable que les Français se mettent à partir au milieu du repas, en demandant un doggy bag, comme peuvent le faire les Américains. Le but du doggy bag c’est « de lutter contre le gaspillage alimentaire et surtout pas de se substituer à la vente à emporter. Facturer le doggy bag pour une somme modique peut être aussi un moyen de freiner les clients qui auraient tendance à en demander un quand ils n’en ont pas besoin ».

Du côté des professionnels, « quand il y a lieu, le restaurateur doit le proposer à sa clientèle. L’ajout de la signalétique est essentielle. Cela met à l’aise le client, et l’informe sur l’existence de cette pratique dans le restaurant qu’il fréquente. »

Dans les prochains mois, Laurent et son équipe vont s’attacher à améliorer leur boîte. Ils souhaitent « distribuer un modèle plus petit » et envisagent de mettre en place « des partenariats avec des acteurs de la restauration ». Ce qui permettra aussi de développer l’aspect solidaire de Trop bon pour gaspiller. L’équipe est en contact avec des associations à qui elle reversera un pourcentage de ses bénéfices.

Enfin, Laurent est aussi engagé dans d’autres projets : l’Emballage vert a lancé l’appli Conso Vrac, qui géolocalise les commerces de vrac en France et dans les pays voisins.

 

+++ Les petits plus +++

+ Le site de Trop bon pour gaspiller

Laurent Calvayrac travaille en famille avec sa femme Rabaïa. Leur fils, Noam participe même au blog de l'Emballage écologique quand le sujet s'y prête.
Laurent Calvayrac travaille en famille avec sa femme Rabaïa. Leur fils, Noam participe au blog de l’Emballage écologique « quand le sujet s’y prête ».

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