J’aime Boc’oh, les confitures antigaspi et qui créent de l’emploi

Lutter contre le gaspillage alimentaire revêt différentes formes tant le travail à réaliser est grand. Et la transformation est une des nombreuses solutions. C’est la voie choisie par Baptiste Bourdeau, 29 ans. Après des études en école de commerce (avec une spécialisation RSE), il travaille deux ans, « avec un penchant qualité, développement durable ». Mais « j’avais besoin d’ailleurs ». Après un séjour à l’étranger, « j’ai eu envie de mettre mon énergie localement, je me suis dit qu’en France aussi il y avait des choses à faire, que c’était le moment de bouger ».

Baptiste s’intéresse au gaspillage alimentaire depuis six ans. Alors qu’il séjournait au Canada, il participe à Food not bombs. Rentré au pays, il entend parler de Disco Soupe et s’investit dans sa ville. Parallèlement il crée un collectif antigaspi à Chambéry. En contact avec plusieurs partenaires intéressés pour redistribuer ce qu’ils n’arrivent pas à vendre, « je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire, quelque chose d’intéressant pour créer de l’emploi dans un quartier. » Très attaché à créer du lien social, Baptiste pense à mettre en place une conserverie solidaire. Voilà comment est née J’aime Boc’oh.

« Derrière J’aime Boc’oh, il y a le bon sens de manger la nourriture de qualité et de se réunir autour de la cuisine »

Une conserverie antigaspi et créatrice d’emplois

J’aime Boc’oh est une conserverie qui produit des confitures et des chutneys de fruits et de légumes. « On récupère auprès des distributeurs (grandes surfaces) et du Marché d’intérêt national de Grenoble. On a aussi un partenariat avec la Banque alimentaire pour gérer ses surplus. » De plus, J’aime Boc’oh rachète aux producteurs locaux leurs surplus agricoles. « On a à la fois une approche systémique : il y a du gaspillage sur le circuit long, on récupère et on valorise. Mais on est aussi proactifs en réduisant le gaspillage à sa source, avec les producteurs. C’est une façon d’être acteur du changement. »

Baptiste Bourdeau porte J'aime Boc'oh depuis deux ans.
Baptiste Bourdeau porte J’aime Boc’oh depuis deux ans.

Qui dit transformation, dit cuisine. Et là aussi Baptiste fait dans la récup. A Chambéry, il utilise « une cuisine qui ne sert qu’une fois par mois. On va faire quelques travaux. Le matériel on le récupère aussi ». De quoi faire un labo « à 50 000 euros. Un atelier de transformation classique, c’est au moins 600 000 euros ».

Pour faire tourner la production, Baptiste vient de recruter un responsable technique. Et il prévoit aussi l’embauche de cinq personnes (trois équivalents temps plein) en insertion. L’idée est de créer des franchises, des micro structures qui valoriseront une trentaine de tonnes de fruits et légumes dans leurs villes. « Pour le développement, on fonctionnera avec d’autres structures qui voudront développer une nouvelle activité. » J’aime Boc’oh est par exemple membre du Réseau Cocagne innovation, et pourra se développer à travers ce réseau, tout en permettant aux Jardins de Cocagne d’avoir une activité supplémentaire dans l’agroalimentaire. « La situation de l’insertion est assez instable, il y a des baisses de financements. Les chantiers ont besoin de se diversifier, cela permet de mutualiser des postes de direction par exemple. Et on trouve des activités diversifiantes pour le personnel et rémunératrice pour les Jardins de Cocagne par exemple. »

De plus, en Savoie (où est basée J’aime Boc’oh), « il n’y a pas de structure d’insertion en agroalimentaire », explique Baptiste. « J’aime Boc’oh va permettre de développer des compétences métiers en agroalimentaire et aussi d’embaucher un public féminin. En insertion, sur trois postes, deux sont pourvus par des hommes et un seul par des femmes. Mais la cuisine est un domaine mixte, donc non discriminant. »

Prune gingembre aux éclats d’amande ou fraise menthe ?

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Les confitures et chutneys mélangent fruits, légumes, oléagineux et épices.

Côté recettes, J’aime Boc’oh joue la carte décalée : confiture de  prune gingembre aux éclats d’amande, poire noix, banane gingembre chocolat. Ou des plus classiques : fraise menthe, poire poivre. « On inclut soit des oléagineux soit des épices » explique Baptiste.

Le démarrage de la production est prévu pour courant avril ou mai. De juillet à décembre derniers, J’aime Boc’oh était dans une phase de test, avec production et vente : sur 1800 bocaux finis, 1600 ont été vendus. « Cela a permis de mettre quelques indicateurs au vert pour la phase de démarrage du projet ». Et aussi de fixer l’objectif de production : sortir 400 à 500 bocaux par jour.

Les confitures et chutneys seront vendus « le plus possible en circuit court ». Chez les agriculteurs collectés, mais aussi à Chambéry où J’aime Boc’oh sera dans le circuit de l’elef, la monnaie locale de Chambéry, pour lequel « des distributeurs sont déjà intéressés ». Baptiste prévoit aussi la mise en place de vente directe : les consommateurs s’engageront à acheter six bocaux par trimestre.

J’aime Boc’oh est donc en phase de démarrage. Et comme un petit coup de pouce est toujours le bienvenu, le projet a aussi été sélectionné pour la première édition des Elanceurs de La Poste. « Un jury a sélectionné dix projets. Les internautes votent pour leurs projets préférés et les trois premiers gagnent de l’argent. » Pour le moment J’aime Boc’oh est deuxième. S’il était lauréat, l’argent servirait aux travaux de l’atelier de transformation. Encore une possibilité de voter utile : mais vite, le concours se termine le 15 mars !

+++ Les petits plus +++

+ Le site de J’aime Boc’oh

+ La page pour voter pour le projet au concours Les Elanceurs de La Poste jusqu’au 15 mars

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