Mummyz, l’appli antigaspi qui partage et valorise vos restes

Vous avez cuisiné un plat de lasagnes mais il vous reste des parts que vous ne pourrez pas manger dans les jours qui suivent ? Vous avez envie de manger un plat cuisiné par un parfait inconnu, et pour pas cher ? Si vous êtes dans une de ces deux situations, Mummyz est fait pour vous.

Emmanuel Tran a 31 ans. « Avec ma conjointe, quand on a fait nos études, on vivait avec 40 euros par mois pour le budget alimentation. Dès qu’on a commencé à gagner notre vie, on s’est mis à avoir des habitudes de consommation qui nous ont amenés à jeter. » Issu d’une culture à la fois française, vietnamienne et algérienne, Emmanuel aime cuisiner, comme lorsqu’il fait de la soupe pho (le pot-au-feu vietnamien). « Il y en a toujours pour six à huit personnes. Un jour, un reste trainait au frigo il n’était plus bon, on a dû le jeter. C’est là que j’ai eu le déclic. Si j’avais été étudiant, j’aurais été content de pouvoir en avoir une part pour pas cher. » Voilà comment est né Mummyz, qui met en relation amateurs de cuisine qui ont des parts à partager et personnes qui veulent s’offrir un plat pour pas cher, le tout pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

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Pour les particuliers, les restaurateurs et les commerçants

Mummyz est ouvert aux particuliers ainsi qu’aux restaurateurs 13319812_984840811612463_142343446791180754_n et aux commerces (sandwicherie, fast-food, etc.). Le concept fonctionne avec trois « règles d’or ». D’abord, un prix encadré, « chaque part est vendue entre 1 et 6 euros ». Ensuite, on ne peut pas vendre plus de six parts : « Le but n’est pas de proposer dix ou quinze parts d’un plat, on ne fait pas de business, nous ne sommes pas un service de traiteur. » Et ne pas anticiper : « On ne peut pas dire : demain je vais cuisiner quelque chose, commencez à commander. » Mummyz n’accepte que les plats préparés le jour même, qui restent disponibles pendant deux jours maximum.

Pour les particuliers, les annonces sont gratuites. Pour l’acheteur, il n’y a qu’à payer la part du plat commandée. Mummyz prend 20%. « Sur 20 centimes prélevés, 15 vont à la banque, pour la gestion du flux financier », précise Emmanuel.

Pour les commerçants et les restaurateurs, Mummy’z propose un abonnement annuel de 290 euros HT, « mais sans avance d’argent. L’abonnement sera payé avec les gains réalisés par les parts vendues. Si le restaurateur ne gagne que 20 euros, il ne paiera que 20 euros. Et Mummyz ne gagnera rien ».

Le gaspillage concerne notre génération. Ma grand-mère savait cuisiner tout avec rien, ce n’est plus le cas actuellement »

Une fois la commande passée, un système de messagerie permet aux particuliers de discuter, ne serait-ce que pour se mettre d’accord sur les contenants, horaires, etc. Pour les restaurateurs, Mummyz conseille d’organiser un système de consigne. Mais le choix sera laissé aux commerçants.

Vient ensuite le moment de récupérer son plat. Chaque commande porte un « mot secret » à donner à son interlocuteur. L’occasion pour Emmanuel d’ajouter une dose de culture : les mots secrets sont issus d’un dialecte ou d’une langue régionale. « Pour l’alsacien, on a par exemple hopla, pour le breton ce sera kenavo, et à la revoyure pour le québécois. C’est un aspect culturel qui facilitera l’échange aussi entre les personnes. »

Mummyz applique une modération et contrôle annonces et commentaires. Les acheteurs eux, doivent laisser un avis après avoir dégusté leur plat, et jugent quatre critères : la fraîcheur, le rapport qualité prix, l’accueil et le goût. Le but est de créer une réputation au cuisinier amateur dans la communauté des « mummyzers » sur le site. « On n’est pas un guide gastonomique, on fait simple : c’était bon, il y en avait assez, le gars état sympa. »

Alors le risque n’est-il pas de développer un business parallèle avec la vente de ses restes ? Non, car Mummyz limite le prix de vente à 6 euros, y compris pour les restaurateurs. « Le but est d’inciter les gens, de montrer que c’est possible. » Et de dire aux professionnels : « C’est une solution pour revaloriser vos surplus. ça ne prend que deux minutes par jour, mais ça permet de récupérer un peu de rentabilité. » 

Des cours de cuisine et des actions coup de poing

L’appli Mummyz est disponible sur l’App Store depuis peu. L’équipe est en train de l’agrémenter de nouvelles fonctionnalités. « Un utilisateur sur deux se connecte avec un iPhone. On prévoit de développer l’appli sous système Android en début d’année prochaine. » Pour ceux qui n’ont pas d’iPhone, reste l’option du site internet.

A l’occasion de ce lancement, le service s’est ouvert aussi aux restaurateurs et aux commerces. Mummyz a pour l’occasion un partenariat avec Le Parfait. Les vingts premiers restaurateurs qui participeront recevront douze bocaux en verre. Cela permettra par exemple de proposer « le rab sur les plats du jour », détaille Emmanuel.

Ma plus grande victoire ? Faire manger des restes entre deux personnes qui ne se connaissaient pas »

Outre l’appli, Mummyz organise des cours de cuisine. « Quand on sait moins cuisiner, on a tendance à plus jeter. Le gaspillage concerne notre génération, ma grand-mère savait cuisiner tout avec rien, ce n’est plus le cas actuellement. » Il y a aussi les show culinaires où, avec un membre de la communauté bénévole, Mummyz présente des recettes antigaspi.

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Une fois par mois, Emmanuel met en place une « action coup de poing » sur le terrain, pour récupérer et redistribuer de la nourriture. « Il faut redonner leur valeur aux aliments. Le croissant, même en fin de vie, a encore une petite valeur. »

L’important pour Emmanuel est de « valoriser la nourriture ou qu’elle se trouve. On a tendance à opposer les ménages : les gens disent que le gaspillage, ‘ce sont les grandes surfaces, ça ne me concerne pas’. Or tous les acteurs sont concernés, il faut une solution qui puisse répondre à tout le monde, et inciter chaque maillon de la chaine à réduire son gaspi. En essayant d’associer particuliers et professionnels. Alors qu’on les oppose habituellement. »

+++ Les petits plus +++

+ Le site de Mummyz

L’appli est disponible sur l’App store (pour iphone).

 

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