Paris New-York en vélo et en pédalo pour demander la suppression des dates de péremption

Traverser l’Atlantique pour montrer l’absurdité des DDM : ce vendredi 6 janvier, Baptiste Dubanchet part de Paris plusieurs mois, afin de relier New York et de sensibiliser au gaspillage alimentaire.
Baptiste Dubanchet, 28 ans, a travaillé dans la restauration rapide quand il était étudiant. C’est là qu’il a commencé à se « poser des questions. Je me suis même demandé si j’allais rester, mais j’avais besoin de ce travail pour continuer mes études ». Etudiant en commerce international et en développement durable, il fait d’abord le choix de devenir végétarien. Son parcours le mène ensuite en mission dans un hôtel de luxe, à Tahiti. Il est chargé de mettre en place le tri du papier dans les chambres. Mais voyant « la nourriture et la décoration florale qui partent à la poubelle tous les jours », il veut s’attaquer au problème.

Baptiste organise ainsi son premier défi antigaspi. En 2014, il parcourt plusieurs milliers de kilomètres à vélo entre Paris et Varsovie. Il traverse sept pays et s’arrête dans sept capitales. « Je voulais voir ce que faisaient les autres pays, leurs techniques pour lutter contre le gaspillage, leurs solutions. » Lors ce de voyage, il s’alimente uniquement avec la nourriture trouvée dans les poubelles. « J’ai trouvé beaucoup plus de nourriture que ce à quoi je m’attendais. »

Les DDM : ces dates qui créent du gaspillage pour des produits encore consommables

Depuis, il a décidé de repartir, pour proposer des solutions. Il travaille donc depuis deux ans à l’organisation de ce voyage en pédalo et en vélo pour relier Paris à New York. Là encore, il veut montrer qu’on peut s’alimenter avec de la nourriture récupérée qui aurait dû être détruite. Mais surtout que les dates de péremption créent un gaspillage important. Comme nous l’avons déjà expliqué ici, il y a deux dates : la DLC (date limite de conservation) sur les produits frais, et la fameuse DDM (anciennement appelée DLUO) sur tout le reste (pâtes, huiles, etc.). C’est à cette DDM que Baptiste s’attaque. Il souhaite demander sa suppression. Car DLC et DDM ne sont pas forcément bien connues des consommateurs, et souvent confondues. Une fois cette date dépassée, beaucoup jettent des produits avec une DDM sans même savoir qu’ils sont encore consommables.
Pour cette partie du projet, Baptiste a lancé une pétition qu’il adressera aux députés européens, la réglementation sur les dates étant européenne. Cette partie est évidemment aussi le coeur de son voyage puisqu’il va s’alimenter sur son pédalo uniquement avec des produits dont la DDM est dépassée. « Le pédalo est intéressant pour ça, il fallait un endroit où je puisse m’enfermer uniquement avec des aliments soi-disant « périmés » et montrer qu’en m’alimentant uniquement avec ces produits, je reste en bonne santé. »
Baptiste a récupéré « de la nourriture dans des supermarchés à Tours et Bordeaux, et qui devait partir à la poubelle ». Mais un pédalo c’est petit et mieux vaut optimiser le poids du bateau. Il va donc profiter de voyage pour expérimenter la lyophilisation. Et les 40 kg de nourriture seront réduits à un poids de 4 ou 5 kg. Au menu : choux cru, carotte, grenade, bananes, épinard, choux-fleurs, pomme, poire, orange ou encore radis noir, et 35 kg de riz et de légumineuses. Il aura un petit réchaud « de randonnée » pour cuisiner « ce sera un peu sport, mais je n’aurais qu’à dessaler l’eau », eau qu’il trouvera en abondance sous son pédalo. Il a fait quelques tests : « J’ai goûté une framboise lyophilisée, le goût reste sur la langue, et il est décuplé, c’est une sensation hyper intéressante. »

Tester la lyophilisation

Car l’idée de départ était aussi de tester la lyophilisation qui pourrait être une solution contre le gaspillage alimentaire. « On pourrait l’utiliser déjà dans l’urgence par exemple pour la nourriture qui ne peut pas être redistribuée le jour-même et qui doit être détruite. En la lyophilisant, on éviterait de la jeter et elle se conserverait plus longtemps, sans consommer d’énergie puisqu’elle n’a pas besoin d’aller au frigo. » Baptiste pense à la nourriture jetée mais aussi à l’énergie qu’elle demande pour être produite et stockée : « Par exemple si on lyophlisait les steaks au lieu de les jeter, on consommerait moins d’énergie pour le faire qu’en refabriquant de nouveaux steaks qu’on a détruits. » Idem pour les produits importés : en les lyophilisant, on les conserverait plus longtemps au lieu de les jeter : « Cela pourrait par exemple permettre de réduire les importations. » Il pense aussi à ce qu’on pourrait en faire pour les crises humanitaires, ou dans le quotidien.
Concrètement, les aliments lyophilisés sont similaires à des aliments congelés : mais l’eau passe de l’état solide à l’état de va peur sans passer par le stade liquide. c’est la différence avec la déshydratation. Le voyage va donc lui permettre de tester tout cela.

Baptiste part de Paris ce vendredi 6 janvier. Il découpe son voyage en trois parties : il va d’abord relier Gibraltar en vélo. Puis il effectuera le voyage entre Agadir et la Martinique en pédalo, avant une dernière partie entre Miami et New York en vélo. Il devrait arriver aux Etats-Unis en septembre. Il ira dans des écoles par exemple pour raconter son périple et sensibiliser au gaspillage alimentaire et participera à des conférences. Egalement, Baptiste donnera de ses nouvelles tout au long de son périple via son site internet et ses comptes sur les réseaux sociaux, et l’un de ses sponsors (le même que Francis Joyon) l’équipe d’une caméra, il pourra envoyer des vidéos. Son GPS permettra de le suivre.

« Je prépare le voyage depuis deux ans, je suis prêt. Le projet se nomme Dépasser les limites. Je veux que ce soit le plus utile possible pour réduire le gaspillage alimentaire, je suis hyper motivé. »

Le pédalo de Baptiste.
+++ Les petits plus +++
+ la lien vers la pétition pour demander la suppression des DDM
+ Relire notre article concernant les dates de péremption
 

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