L’étiquette intelligente et antigaspi arrive chez Franprix

Topcryo est une étiquette qui permet aux consommateurs de savoir si leurs produits frais sont encore bons à manger ! Une technologique du vivant made in France et qui a séduit Franprix qui l’adopte pour son e-commerce, avant une généralisation à tout son réseau.

Et si une étiquette était capable de dire si les produits sont encore consommables ou pas ? C’est ce que propose Topcryo, l’étiquette conçue par Cryolog. La société implantée à Nantes a conçu une étiquette capable de renseigner (et de rassurer) de consommateur sur l’état de fraîcheur des produits. Cette technologie a déjà séduit plusieurs traiteurs, et depuis quelques semaines, Franprix appose ces pastilles sur ses produits commandés en ligne.

De la microbiologie prévisionnelle

Basée à Nantes, Cryolog « est une petite entreprise » explique Angélique Van Der Laan, responsable développement et marketing. Cryolog, créée en 2002, travaille sur la sécurité des aliments. Cryolog a passé plus de dix ans à travailler en Recherche et Développement pour son étiquette intelligente. Une première version est même sortie il y a quelques années, mais le marché n’était semble-t-il pas prêt. « Aujourd’hui on est plus sensible à ces problématiques. »

Alors comment fonctionne cette fameuse étiquette ? Cryolog utilise la « microbiologie prévisionnelle ». Et ils sont les « seuls à le faire dans le monde », précise Angélique Van Der Laan. Le principe est simple : « On calque ce qui se passe dans l’aliment et on le reproduit à l’intérieur de l’étiquette. » Quand il y a rupture de la chaîne du froid, l’étiquette passe de vert à rouge. Dans ce cas, le consommateur sait qu’il ne faut pas manger le produit. D’un point de vue technique, Crylog utilise des bactéries lactiques, « les mêmes que dans les yaourts, on peut les consommer sans danger » précise Angélique Van Der Laan. Ces bactéries réagissent comme l’aliment en cas de problème. « En cas de rupture de la chaîne du froid, elles s’activent plus vite. C’est cela qui va faire changer l’étiquette de couleur. »

 

Pour le consommateur il y a trois couleurs : vert pour les aliments bons à consommer, rouge quand il est trop tard, et une phase intermédiaire orange foncé. « C’est une alerte, elle se déclenche douze heures avant que le produit ne passe au rouge. A ce stade on peut encore consommer le produit. » Ensuite il est trop tard. Ce système permet donc un suivi en temps réel, et c’est comme cela que l’utilisent certains traiteurs sur des prestations évènementielles : « Ils avaient du mal à avoir des chambres froides. Ils ont des rolls avec de la carbo glace et dès que l’étiquette passe à l’orange ils savent qu’il est temps de servir le produit. »

De l’auto-contrôle des professionnels aux consommateurs

Au départ, Cryolog concentrait son travail en direction des professionnels mais de plus en plus l’entreprise se dirige vers le consommateur. « On comptait continuer à travailler pour les professionnels en B to B pour la logistique. Mais depuis la loi antigaspi, on a beaucoup plus de demandes pour passer au consommateur. » Pour l’instant, des traiteurs par exemple ont adopté Topcryo et utilisent l’étiquette « sur les plateaux repas qu’ils livrent en entreprise. Souvent, l’entreprise en commande trop et ils restent dans les bureaux sans qu’on sache si c’est conservé au froid ou pas. Avec Topcryo, cela leur évite de jeter et de pouvoir les redistribuer à bon escient, et donc d’éviter le gaspillage ».

Cryolog propose un kit Théta : « Les gens le prennent pour voir comment ça fonctionne. Ils font leurs essais en interne et ensuite commandent des volumes plus importants. » Mais certaines entreprises, comme Toupargel, les utilise en interne pour le suivi des camions. « Plusieurs fois par an, ils aposent l’étiquette sur les palettes et organisent des séries d’auto-contrôle. » L’utilisation est très variée : contrôle dans des vitrines réfrigérées ou contrôle d’échantillons : « Certains clients utilisent Topcryo pour suivre des échantillons qui passent de labo en labo qualité. » En résumé, à partir du moment où il y a un besoin de contrôle de la chaîne du froid sans l’implanter à l’année, les entreprises peuvent utiliser Topcryo pour valider leur process. En général « ce sont des gens qui travaillent bien, et qui veulent un petit contrôle en plus », précise Angélique Van Der Laan.

Vers une généralisation des pastilles dans tout le réseau Franprix ?

Depuis quelques semaines, outre les traiteurs qui les utilisent déjà, les étiquettes Topcryo ont été apposées pour assurer le suivi 5000 livraisons de commande e-commerce de Franprix sur Paris et sa première couronne. Un test grandeur nature très prometteur puisqu’un déploiement est en cours sur « 50 magasins en Ile-de-France et en région », explique un communiqué. Et surtout, les deux sociétés envisagent « un accord pour 2018 pour une généralisation dans le réseau ».

Alors Franprix va-t-il faire des émules et permettre la généralisation de la technologie sur les produits frais ? L’idée de base de Cryolog était de « remplacer la DLC ». Avec la prise de conscience sur le gaspillage alimentaire et sur la qualité de l’alimentation, Topcryo semble bien parti pour durer. D’autant que vu les difficultés qu’ont les consommateurs à comprendre le fonctionnement des dates de péremption, une date de péremption intelligente ne peut être que la bienvenue. Pour Crylog et Franprix, cela ne fait aucun doute : « Ce premier pas dans la grande distribution montre que le chemin vers cette grande révolution a réellement commencé ! »

L’entreprise a dû concevoir la machine pour fabriquer Topcryo. Elle est unique, « on utilise des bactéries, il fallait avoir un contenant adapté ». C’est le directeur, Pierre Peteuil, qui en est à l’origine.

 

+++ Les petits plus+++

+ Le site de Cryolog

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