Au magasin Zero-Gâchis, des bons plans pour les clients, des bons d’achats pour les associations

Un magasin qui réduit le gaspillage : voilà ce que propose Zéro-Gâchis depuis fin août. Si la startup nantaise a démarré en luttant contre le gaspillage alimentaire, elle s’attaque maintenant au gaspillage des produits de grande consommation, et en fait profiter le consommateur et les associations.

La ville de Douarnenez compte une nouvelle enseigne depuis fin août : Zéro-Gâchis. Dans ce magasin d’un nouveau genre on traque le gaspillage pour en faire profiter les consommateurs : frigo, machine à laver, vaisselle, téléviseur, petit électroménager, outillage, produits saisonniers, etc,. sont vendus dans le magasin avec des prix réduits. Des fins de séries en majorité : « Prenons l’exemple d’un nouveau modèle de machine à laver. Il fonctionne à 1700 tours/minute. Il est dommage de jeter l’ancien modèle, qui tourne à 1500 tours/minute, vue la quantité d’énergie utilisée pour la produire, la fabriquer et la jeter » explique Paul-Adrien Menez, l’un des trois fondateurs de l’entreprise.

Ancien modèle devenu obsolète, nouveau packaging, les raisons du destockage sont variées. Et affichées en magasin. (photo Zéro-Gâchis)

Pour s’approvisionner, Zéro-Gâchis achète 80% des produits auprès des industriels ou des fournisseurs. Les 20% restant proviennent du magasin Leclerc. En effet, lors d’une discussion, Gilles Blasco, patron de l’enseigne à Douarnenez, dit à Zéro-Gâchis qu’il a un magasin pour son déstockage (produits culturels, drive, technique et loisirs), « mais ça ne marchait pas hyper bien, il y avait peut-être un intérêt à travailler ensemble ». Après discussion, Gilles et Zéro-Gâchis se disent qu’il faut tenter le coup. « Nous on a l’image sur le gaspillage alimentaire, et on sait bien le faire. Gilles a l’expérience de la distribution pour les achats, les rayonnages, il a les murs et le personnel. On s’est dit si ça ne marche pas, tant pis. Mais si ça marche, Gilles nous aidera à ouvrir d’autres mgasins du même genre, en nous transmettant toute sa connaissance. » Les deux parties ne sont pas « associées juridiquement, on s’est serré la main et on avance. Gilles est très à l’écoute de ce qu’on propose. Il travaille sur la partie distributeur et nous sur le concept ».

Un magasin solidaire pour les associations

C’est bien un concept que représente ce magasin. Car les associations aussi vont pouvoir en bénéficier. « Quand vous achetez un produit on vous fait une remise pour vous remercier de lutter contre le gaspillage en choisissant un produit qui n’est pas le dernier modèle qui vient de sortir. Mais on vous donne aussi un bon d’achat pour la prochaine fois, pour le donner à une association. » Une urne près de la caisse présente les associations que Zéro-Gâchis choisit d’aider chaque mois. « A la fin du mois, on leur redistribue les bons d’achats. »

Pour le premier mois de fonctionnement, plus de 600 bons d’achats ont été redistribués au Secours Populaire de Douarnenez. (photo Zéro-Gâchis)

De plus, le magasin organisera des évènements. « Par exemple, on a prévu d’aider quelqu’un au 4L Trophy. Si vous avez chez vous des crayons, des cahiers, que vous n’utilisez pas, vous nous les apportez. Et là vous aussi vous luttez contre le gaspillage avec vos propres affaires. » Des repair cafés ou tout autre évènement qui luttera contre le gaspillage seront les bienvenus dans le magasin.

Il y a cependant un élément auquel l’entreprise en s’attendait pas : il faut aussi sensibiliser les industriels : « Quand on a commencé à les contacter pour leur faire part d’un nouveau moyen de déstocker les produits, beaucoup ne voulaient pas en entendre parler, car cela nuit à leur image. On leur a expliqué qu’on sensibilise le consommateur, certains ont revu leur position. Mais on a été surpris du manque d’écoute de certains. »

Utiliser le magasin pour sensibiliser les consommateurs au gaspillage

Si le modèle est celui-là, et va donc « plus loin qu’un simple destockeur », c’est parce que « comme pour les zones Zéros-Gâchis dans la grande distribution, le magasin est un espace dans lequel on peut communiquer et sensibiliser le consommateur. A Douarnenez, on va utiliser le magasin sur la thématique du gaspillage au sens large ».

En effet, depuis cinq ans, Zéro-Gâchis lutte déjà contre le gaspillage alimentaire. L’entreprise installe des espaces dans les grandes surfaces pour réunir « les produits dont la date limite approche et qui sont vendus moins cher ». Tous ces bons plans sont répertoriés sur le site internet de Zéro-Gâchis. Pour les magasins, « avec notre système Optistick, quand un produit est scanné, l’appareil calcule le rabais, imprime l’étiquette, et envoie l’information pour le stock ». La même information est aussi envoyée à Zéro-Gâchis. Ce qui lui permet de proposer une analyse statistique aux grandes surfaces pour les aider à gérer leur stock : « On peut savoir si le magasin peut optimiser (par exemple passer de -30 à 40% sur les yaourts pour avoir un meilleur taux de revente. » Mais ce n’est pas tout : « On s’est aperçu que certains produits n’étaient pas scannés par manque de temps, ou certains produits n’étaient pas orientés vers le don alimentaire alors qu’ils peuvent l’être. Avec les statistiques du magasin, on accompagne l’enseigne en comparant avec d’autres et on peut lui dire : voilà ce que tu fais très bien aujourd’hui, voilà les points sur lesquels tu peux t’améliorer, et proposer des solutions. »

Zéro-Gâchis va même plus loin. Elle a un partenariat fort avec Phénix. « Tout le monde nous voyait comme des concurrents alors que nous sommes complémentaires. » Les deux entreprises ont créé une offre commune « sur la totalité des chemins de revalorisation. Il y a une première vie des produits en rayons, une deuxième vie pour les produits stickés et vendus moins cher, et une troisième vie pour le don, et une quatrième vie pour la réduction des déchets. Un magasin qui travaille avec nos deux solutions peut n’avoir aucun biodéchets. Et c’est déjà arrivé ! Et on est plutôt contents ».

En cinq ans, Zéro-Gâchis a bien grandi. Au départ, l’entreprise est née avec deux frères, Paul-Adrien et Christophe Menez, et Nicolas Pieuchot, un ami d’enfance. Paul-Adrien faisait ses courses dans un magasin qui faisait des promotions sur les dates courtes. « Mon frère passait devant ce même magasin sans connaître ces promotions. D’un côté, on a des distributeurs qui démarquent leur prix pour les rendre plus attractifs et éviter de jeter, et de l’autre des clients qui cherchent ce type de produits. Mais rien pour provoquer la rencontre entre les deux. C’est comme ça qu’on a créé le site Zéro-Gâchis. »

Le magasin de Douarnenez est donc la suite logique de l’aventure. « Le projet était dans les cartons depuis trois ans. On avait tenté de faire des rayons Zéro-Gâchis non alimentaires en GMS avec lesquelles on travaillent déjà, mais on s’était heurté à la problématique de l’espace. Mettre un yaourt en date courte dans un espace dédié ne prend pas de place, un frigo ou un téléviseur en prend beaucoup plus. » A Douarnenez, le magasin comprend une surface de vente de 250 m2 et la même chose en stockage. De quoi moduler l’espace si besoin, et qui sait, réduire le stockage pour augmenter la surface de vente en cas de succès.

 

+++ Les petits plus+++

+ Le site de Zéro-Gâchis 

+ Le site du magasin de Douarnenez et sa page facebook

 

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