Grandes surfaces : la loi a donné un coup d’accélérateur à la valorisation des invendus

Il y a deux ans, entrait en vigueur la loi Garot sur le don des invendus des grandes surfaces. Comerso, qui intervient sur ce créneau, a commandé une étude (1) à Ipsos pour établir le « premier baromètre de la valorisation des invendus en grande distribution ».

 

Quel effet a eu la loi ?
Plusieurs éléments ressortent de cette enquête. D’abord, la loi a donné un coup d’accélérateur à la valorisation des invendus : elle a incité 12% des magasins à mettre en place des actions contre le gaspillage, et 23% à aller plus loin. En effet, 63% des sondés avaient déjà mis en place des actions antigaspi avant le vote de la loi.

Quelles actions antigaspi existent en magasin ?
Aujourd’hui, tous les magasins interrogés ont au moins une action antigaspi en place. En moyenne, ils en ont même 5,4 par magasin. Mais voyons cela plus en détails.

• En amont :
— 98% favorisent une meilleure gestion des stocks
— 52% organisent des formations antigaspi pour leurs employés
— 32% ont un coach spécialisé
— 37% mènent de la sensibilisation en direction des clients
— 39% transforment des produits
— 26% ont mis en place la vente assistée en fruits et légumes

• En aval
On note une augmentation de la vente de produits à date courte grâce au stickage. Le stickage, c’est cette pratique qui signale aux consommateurs, via un autocollant en général très voyant, que le produit est vendu avec un prix réduit parce que la date arrive bientôt à échéance. Les magasins le mettent en place d’abord pour raison financière : à 98% pour limiter la casse, et à 74% pour sauvegarder une partie des marges pour le magasin. Autre raison, 63% des magasins interrogés font ces réductions pour satisfaire la demande de la clientèle. Car c’est une bonne opération pour les consommateurs : les remises sur ces produits se situent en moyenne entre -30 et – 40%.

• Du côté du don, le baromètre de Comerso révèle que 93% des sondés pratiquent le don et interagissent avec 2,1 associations en moyenne. Et régulièrement : 45% sont collectés tous les jours, et 64% donnent depuis plus de trois ans, donc avant la loi. Quelles sont les raisons qui les poussent à le faire ? La dimension sociale (94%), et à 76% des raisons financières (défiscalisation et le fait d’éviter un coût de traitement des déchets). Mais les magasins donnent aussi à 78% pour éviter de jeter. Et pour 14% des sondés, donner est également un moyen d’avoir un encrage local dans la vie associative, ou tout simplement d’être en phase avec ses convictions personnelles.

Une valorisation des déchets encore insuffisante
Il y a toujours une part incompressible de déchets. 60% des magasins ont un tri mis en place. Rien d’étonnant puisqu’ils sont soumis à la loi. Les bio déchets sont traités ensuite en alimentation animale, méthanisation, compostage.

Les problèmes à régler

Si l’étude montre de bons chiffres, elle soulève aussi quelques problèmes. Concernant le stickage, les magasins souhaiteraient qu’il prenne moins de temps à leurs équipes. Et si pour 56% des sondés les invendus stickés sont redonnés aux associations, pour 34% il ne le sont pas et partent à la poubelle.

Autre point à améliorer, 55% des magasins ne donnent pas tous les jours, et 20% des collectes se font sans camion frigo. Egalement, 27% des magasins ne donnent qu’une partie des produits frais.

Par ailleurs, si 73% des associations sont agrées, 26% des magasins ne connaissent pas le statut de l’association à laquelle ils donnent et trouvent compliqué de récupérer les attestations fiscales, voire ne les récupèrent pas du tout.

Mais le problème majeur concerne les GMS (grandes et moyennes surfaces) qui ne pratiquent pas le don : elles évoquent comment première raison la peur d’engager la responsabilité du magasin en cas de problème sanitaire, administratif et fiscal. Viennent ensuite le fait que ce n’est pas une priorité ou que les associations ne peuvent pas se déplacer. Et ceci est encore plus vrai en milieu rural : il est moins facile pour les magasins d’avoir des associations qui peuvent collecter les invendus tous les jours. D’ailleurs, 84% des sondés sont collectés par les associations, et 16% par des sociétés externes.

La logistique est un problème récurrent. Les associations n’ont pas forcément les moyens logistiques et humains pour aller collecter les invendus tous les jours, et cela reste une pratique chronophage dans les magasins.

On retiendra donc que  la loi a permis de mettre en place des actions contre le gaspillage, voire, pour les magasins déjà engagés dans la démarche, d’aller plus loin. Tous les magasins sont d’accord sur le fait que don et stickage des produits vont de pair, et qu’une seule action antigaspi en magasin n’est pas suffisante.

L’étude ne concerne que les magasins visés par la loi (les surfaces de plus de 400 m2). Mais pour les plus petites surfaces des solutions existent aussi et se développent sur tout le territoire : Optimiam, Proxidon, Too Good To Go, et toutes les applis de géolocalisation des invendus notamment.

Une évaluation de la loi est a priori prévue. Elle devrait avoir lieu en fin d’année.

 

+++ Les petits plus +++
+ Le site de Comerso où vous pouvez télécharger l’étude complète.

 

(1) L’étude s’est faite au téléphone. 164 directeurs d’hypermarchés ou de supermarchés ont été interrogés en France, au téléphone.

 

 

 

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